Au lieu de l'hystérie (1) (Paris, nov 84)

 

 

 

 

Ces journées d'étude des CCAF, qui ont eu lieu Paris les 17 et 18 novembre 1984, représentèrent une étape dans un travail mené depuis plusieurs mois dans l'institution sur le thème «Au lieu de l'hystérie», travail poursuivi jusqu'au congrès qui s'est tenu sous le même titre les 1er et 2 juin 1985 à Avignon.

Les cinq rubriques sous lesquelles les interventions sont regroupées se présentent comme suit

- De l'hystérie de transfert au discours hystérique,
- La réduction hystérique,
- Les lieux de l'hystérie,
- Le sexe de l'hystérique et
- L'analyse pas sans l'hystérie

Elles continuèrent de servir de cadre au travail en cours. Elles se sont dégagées des suggestions émises lors d'une réunion de préparation ouverte à l'ensemble des membres des CCAF, qui a eu lieu le 4 juillet 1984.

 

1) De l'hystérie de transfert au discours hystérique

NOTES SUR L'HYSTÉRIE D'APRÈS FREUD Patrick Salvain
Nommée, reconnue, est la scène du transfert, à partir de la rencontre avec les hystériques. D'où cette question : les hystériques auraient-ils, auraient-elles fait une scène à l'analyse? Et si cette dernière est au lieu de l'hystérie, jusqu'à quel point peut-elle obvier à tel verdict de Lacan en 1966 : «Maintenant la psychanalyse a pris la succession de la névrose : elle a la même fonction sociale, mais elle aussi, elle la manque.

DE L'HYSTÉRIE DE TRANSFERT AU DISCOURS HYSTÉRIQUE Anne Château
A partir d'un texte de 1951, « Intervention sur le transfert », (1) j'esquisserai le développement de la notion d'hystérie dans l'enseignement de Lacan. Dans ce texte, Lacan pointe un ratage, du moins des ratés, ceux de Freud dans l'analyse de Dora, une femme hystérique


DISCUSSION

Après les deux interventions qui précèdent, cette discussion a occupé la seconde partie du samedi matin

 

 

2) La réduction hystérique

LA RÉDUCTION HYSTÉRIQUE J. Nassif
A New-York, c'est déjà fait : nous sommes devenus les derniers des « navajos », et on nous appelle les shrinks, comme si notre rôle était de réduire une tête ni plus ni moins. Être des réducteurs, est-ce vraiment notre fonction? Et alors, en quel sens ? Le substantif concerne, en une acception vieillie soit une fracture qui, du fait de cette opération, voit le corps ramené à son intégrité première - Et le mythe de la guérison est déjà là - soit un pays qui est ainsi soumis à la puissance étrangère qui l'occupe - Et le mythe d'une libération y est donc aussi inscrit

DISCUSSION
La discussion qui suit l’intervention de J. Nassif occupe la première partie du samedi après midi et démarre sur la question de la réduction.

 

 

3) Les lieux de l'hystérie

L'HYSTÉRIE N'EST PLUS CE QU'ELLE ÉTAIT Diane Chauvelot
Ce titre a l'air d'une boutade, alors qu'il correspond absolument à une réalité. Les premiers écrits que l'ont ait concernant l'hystérie remontent à deux millénaires avant Jésus-Christ : c'est dire qu'elle préoccupe les hommes depuis longtemps. Mais elle s'est toujours moulée sur les us et coutumes, sur les modes de pensée dominants, sur les préoccupations du moment. En fait elle a toujours fonctionné à la demande: la demande a changé, l'hystérie, aussi.

 

 

4) Le sexe de l'hystérie

LE SEXE DE L'HYSTÉRIQUE Nicolle Kress-Rosen
Le sexe de l'hystérique, cela peut s'entendre de deux manières. La première peut paraître caduque aujourd'hui, car elle concerne la question quel est le sexe de l'hystérique ? Est-ce un homme ou une femme ? Or c'est une question qu'on ne se pose plus guère depuis Charcot et Freud, mais qui, jusque là, et ce n'est pas tellement loin, a toujours reçu de l'histoire la même réponse: c'est une femme.

DORA ET LA JEUNE HOMOSEXUELLE Catherine Muller
Elles ont 103 ans et 82 ans nos jeunes filles en fleurs et nous continuons à les effeuiller passionnément. Qu'est-ce qui nous fait courir après ces observations, sinon Freud confondu au lieu même de sa géniale mise à jour. Raison d'un succès et mise en échec dans les cures ici interrompues

HYSTÉRIE ET TRAUMA Nicole Pepin
Comment l'intervention psychanalytique peut-elle nous prouver que nous ne rêvons pas quand nous pensons que nous sommes réveillés ?

DISCUSSION
Cette discussion du dimanche après midi reprend les éléments évoqués dans ce colloque et commence par une intervention d’A. Rondepierre. « Une des limites (de la psychanalyse), c'est probablement ce que Lacan appelait mathème, le mathème réalisé de la psychanalyse, disons le « tout écrit » ou le « tout écrire » de la psychanalyse, c'est probablement sa fin ou sa limite.»

 

 

5) L'analyse pas sans l'hystérie

L'ANALYSE PAS SANS L'HYSTÉRIE Sylvie Sesé-Léger
L'analyse est-elle toujours passant l'hystérie ? Hystérie au sens de discours et non pas au sens de symptôme, de structure, comme on évoque une structure obsessionnelle ou phobique. Le discours hystérique est ici interrogé en tant que mise en jeu de la parole dans la cure analytique.

PAS-SANS Françoise Wilder
J'ai déjà commenté aux journées de LILLE la distinction que Lacan fait entre la compétence et la performance, pour indiquer sur quoi s'appuie mon jugement quand le sort me désigne pour le jury de la passe. C'était témoigner de la présence de la linguistique dans le champ de notre travail. Je compléterai par ce que j'intitule : présence d'un peu de logique.

DISCUSSION
Cette discussion clôt ces deux journées et débute par la reprise que fait F. Wilder à propos du « pas sans»