Au lieu de l'hystérie (2) (Avignon, juin 85)

 

 

Les actes du congrès des CCAF qui s'est tenu à Avignon les 1 et 2 juin 1985 ont été publiés en deux volumes qui constituèrent les tomes 2 et 3 de la série intitulée "Au lieu de l'Hystérie".
Le premier volume est consacré aux actes des journées d'étude des 17 et 18 novembre 1984. Ces journées étaient préparatoires au congrès et avaient défini les thèmes de réflexion orientant les journées d'Avignon. (voir Au lieu de l'Hystérie 1)
Vous trouverez ici la première partie des actes du congrès : une série d'interventions et deux tables rondes.

 

 

1) interventions

CONTEMPLER, DÉCOUVRIR VIENNE : QUELQUES FIGURES DE NU BAROQUE ET FIN D'EMPIRE Jean-Louis Baudry
Ayant à évoquer l'hystérie ou les hystériques, il ne nous serait peut-être pas absolument interdit de nous en tenir aux apparences, aux apparences de l'art évidemment. Les affinités existant entre l'art et l'hystérie ont souvent été soulignées. Sans doute peut-on supposer que l'hystérique trouva ses inspirations les plus éloquentes, ses armes les plus invincibles, ses plus sûres séductions dans les prestiges des œuvres d'art.

L'HYSTÉRIE A LA CANTONNAISE. Yl BING OU L'YISTÉRIE Diane Chauvelot
La médecine traditionnelle chinoise, qui n'est qu'une branche de la philosophie et de la pensée chinoise, se retrouve dans des documents archaïques aussi anciens, si ce n'est plus, que les papyrus dont nous avons parlé et son immobilisme, après que sa structure ait été consignée, a perduré jusqu'à nous. Jamais elle n'évoque l'hystérie, ni comme maladie des femmes comme les Égyptiens deux millénaires avant notre ère, ni comme concept nosologique général pas d'hystérie dans cette médecine.

L'ÉTIOLOGIE DE L'HYSTÉRIE OU LES HÉSITATIONS D'UN PASSANT Robert Levy
J'ai choisi délibérément de reprendre des textes canoniques, non pas pour en faire des canons, mais pour essayer que les boulets soient un peu moins pesants à nos pieds de pauvres praticiens. Dans ces textes, les questions de source et d'origine prennent une dimension tellement grande que le post-freudisme s'est chargé d'organiser un cache là-dessus, tel qu'on ne sait plus très bien où et quand cela s'est perdu.

INTERPRÉTATION VERSANT HYSTÉRIE Dominique Poissonnier
Le fantasme, comme la fascine de la dune, met en œuvre et en évidence le support imaginaire par quoi la coupure s'inscrit (dans la réalité). Accessible, l'objet du fantasme est cause du désir, mais il n'en est pas l'essence. C'est la structure de coupure qui y manifeste réellement la présence du sujet. L'être de la dune est dans la coupure, dont la dune est métonymique. Ainsi, tout ce que le sujet a réellement d'être, se réduit à l'élémentaire de la fonction symbolique, coupure, opposition de phase, Fort-Da, tandis que « le fantasme est le point de butée concret par où nous abordons aux rives de l'Inconscient

VARIANTES DE L'HYSTÉRIE Patrick Salvain
« Il n'y a pas de sens commun de l'hystérique, et ce dont joue chez eux ou elles l'identification, c'est la structure, et non le sens comme ça se lit bien au fait qu'elle porte sur le désir, c'est-à-dire sur le manque pris comme objet, pas sur la cause du manque (1). » : propos de Lacan qui invite à articuler la variété des symptômes hystériques à ce trait de structure, donc à revenir sur les noeuds et impasses des identifications imaginaires, à interroger les formes du rapport au,, manque à jouir » pris comme objet, mais aussi a mettre en question la formule en poussant l'épreuve jusqu'aux limites de l'hystérie. Trois temps donc : en passer par le figurable tel qu'il est évoqué dans le texte freudien, interroger les formes en creux ou en négatif de l'hystérie sur son versant dépressif, voire somatisant ; et de là aborder au noyau traumatique qui défie tout modèle de système inconscient.

VOIX et HYSTÉRIE Dominique Lallier-Moreau
…vous avez sans doute remarqué qu'il existe très peu de littérature analytique sur la voix. En soi, c'est déjà une question. Lacan a beaucoup parlé du langage, de la parole, mais pas de la voix en tant que telle


GIDE SUBLIME, MAIS .... Dominique Simonney

Ce qui nous intéressera ici, c'est un parti pris de Freud : pour l'art, contre la recherche scientifique, au nom de l'exploration de la vie psychique humaine, autrement dit du savoir inconscient.

D'UNE MADELEINE EN FORME DE POIRE Christian Garnier-Puglio Élisabeth Zucker
A m'inspirer de l'humour d'un Erik Satie - sur l'air de vous connaissez la musique en attendant les paroles - le titre de cette communication ne nous autorise pas à devenir irrespectueux à l'égard des hystériques, ces caricatures de féminité. Ce serait de notre part un pas d'aliéniste qui s'ignore et la reconstitution des fonctions de méconnaissance du moi

LACAN AU FÉMININ Stoîan Stoïanoff
Si « faire retour à Freud » a été pour Lacan « repasser par les signifiants de Freud », alors faire retour à Lacan implique que nous veuillons, sans exclusive, en repasser par les signifiants de Lacan afin de mettre à l'épreuve leurs articulations. Et puisqu'il en faut un pour commencer pourquoi ne pas retenir La FEMME, notamment dans l'énoncé désormais célèbre de Lacan : « La Femme n'existe pas

 

 

2) 1ère table ronde: l'analyse pas sans l'hystérie

D'UNE HYSTÉRIE SANS PSYCHANALYSE ? Jean-Pierre Laumier
D'une lecture des différents textes publiés après les journées d'étude de Novembre 84 - auxquelles je n'assistais pas - quelques questions émergent qui me semblent pouvoir se rattacher à ce que propose l'énoncé : la psychanalyse pas sans l'hystérie. Et plus précisément le possible renversement de cet énoncé, soit l'hystérie pas sans la psychanalyse. Question donc des limites du champ dans lequel hystérie et psychanalyse se passent.

IGNORER PAS SANS SAVOIR Henri Debray
Le terme de restitution désigne bien la réappropriation possible par un sujet d'un savoir toujours su. Déjà su mais à construire, à fabriquer. Que seraient, chacun à lui-même, un hystérique et un psychanalyste s'ils ne s'étaient jamais rencontrés, dans l'instituant, veux-je dire, d'une cure?

LES VERTUS PAS SANS DIVISION Robert Perez
Parler d'Humilité conduit quelque peu à parler de théologie.……Nous allons voir, par une approche de cette notion d'Humilité, que si elle est opérante du point de vue d'un sujet, elle est instantanément évacuée par des institutions qui auraient lieu de s'en réclamer, surtout au moment où elles sont ou se sentent menacées;

LA PASSE HYSTÉRIQUE DE L'ANALYSE (1) Françoise Wilder
S'il existe un cogito freudien, il s'énonce ainsi : il y a une pensée et elle est inconsciente. Ce qu'institue la règle fondamentale : cette pensée se parle, elle se dit. Que l'exclamation de l'hystérique : « Si vous me laissiez parler! » se transforme en prescription qui lui sera faite de dire tout de ce qui lui vient à l'esprit, voilà qui suffit à les associer, parole et analyse - pas l'une sans l'autre.

LA LETTRE DONNÉE Hélène Marchadier Roubinet
Le rapport institutions de soins et psychanalyse questionne certes nombre de praticiens ; et chacun d'entre nous a fort à faire pour élever ce questionnement au niveau où seule l'éthique de la psychanalyse lui permet de saisir, dans cette rencontre de la folle emmurée, l'enjeu analytique du futur dans notre société sans doute encore pas sans analyse mais aux frontières de plus en plus ignorées.

L'ANALYSE PASSE L'HYSTÉRIE Blanche Jonathan
L'hystérie à l'origine de l'analyse: il y a déjà eu franchissement d'un pas - du donner à voir au donner à entendre - passage aussi, d'un lieu à un autre, du corps au langage. D'être passée dans le discours, l'hystérie a fourni l'instrument de son approche : encore fallait-il la présence de l'analyste pour que ce passage ne soit pas compté pour rien... Mieux vaut dire de son image, car c'est à partir de la capture de son image - comme corrélât de l'investissement narcissique - que dans le transfert, va se jouer pour l'hystérique la question de son identité sexuelle. Donc, l'analyse pas sans l'hystérie. L'homophonie faisant résonner le pas, il ne sera question, ici, que de celui que l'hystérique accomplit dans la cure avec l'analyste, avec au sens instrumental.

 

 

3) 2ème table ronde : le trait du cas

TABLE RONDE SUR LE «TRAIT DU CAS »
Tentative d'une approche clinique et théorique de la praxis analytique qui prenne... l'universitaire de court et l'hystérique de vitesse

TABLE RONDE SUR LE TRAIT DU CAS Bernard Brémond :
La bouteille: commentaire (de) l'hystérie dans la psychanalyse? Toute demande épistémophile vise toujours, peu ou prou, un savoir qui mettrait à l'abri du désir. Il y a là un enseignement que la psychanalyse a reçu de l'hystérie, et sans doute l'une et l'autre partagent-elles le souci que quelque chose s'en transmette. D'où la complicité dénoncée entre l'hystérique et l'analyste lorsqu'entre eux des analystes parlent de leur pratique

TABLE RONDE SUR LE TRAIT DU CAS Claude Dumézil :
... Le trait du cas au lieu de l'hystérie C'est, en effet, une des fonctions, une place, à laquelle notre travail assigne ce signifiant «trait du cas ». « Prendre de court l'universitaire... », comme dit, en contrepoint, la boutade de notre titre, c'est le point de vue que je vais notamment soutenir, en tentant de déclarer mes raisons d'avoir proposé aux Cartels Constituants, un tel séminaire, à telle enseign

TABLE RONDE SUR LE TRAIT DU CAS Françoise Bresch :
Notes sur la fiction. Les définitions du mot fiction, d'après les dictionnaires généraux (Larousse, Robert) précisent : création de l'imagination ; fable ; invention faite à plaisir; par extension objets dont l'existence ou la valeur sont purement conventionnelles et n'ont pas de fondement réel.…

TABLE RONDE SUR LE TRAIT DU CAS Bernard Sarfati :
Le Trait du Cas et construction dans l'analyse. Cette fiction opératoire qu'est le trait du cas vise à saisir ce qui se noue entre le dire de l'analysant, c'est-à-dire ce qui se donne à s'entendre comme montage, roman familial en réalité fragmentaire, d'une part, et d'autre part, ce qui s'affirme comme structure et appelle l'interprétation. Le trait du cas, dans ce qu'il a de ponctuel, parcellaire, voire de lacunaire peut rendre compte de ce moment particulier où l'analyste se fait l'écho de cette construction à laquelle il participe et donne un sens à l'adresse qui lui est faite