Au lieu de l'hystérie (3) (Avignon, juin 85)

 

 

Les actes du congrès des CCAF qui s'est tenu à Avignon les 1 et 2 juin 1985 ont été publiés en deux volumes qui constituèrent les tomes 2 et 3 de la série intitulée "Au lieu de l'Hystérie".

Le premier volume est consacré aux actes des journées d'étude des 17 et 18 novembre 1984. Ces journées étaient préparatoires au congrès et avaient défini les thèmes de réflexion orientant les journées d'Avignon. (voir Au lieu de l'Hystérie 1)

Vous trouverez ici la deuxième partie des actes du congrès : une série d'interventions et deux tables rondes.

 

1) interventions

LA FEMME DANS LA MYSTIQUE JUIVE Monique Delius
Mon propos n'est pas d'aborder ici la mystique juive en tant que telle. Je n'en relèverai que deux points : - la mystique juive n'a voulu céder ni sur la Loi, ni sur le nom de Dieu. Le LIVRE, comme le lieu du mystère, contiendrait - ensemble - l'énigme du désir de l'Autre chiffré et son Nom

« MA MÈRE » DE GEORGES BATAILLE. ÉCRITURE D'UN FANTASME, FANTASME D'UNE ÉCRITURE Agnès Villadary
Dois-je l'avouer, ça n'est pas sans un certain trouble que j'ai rouvert ce livre de Bataille MA MÈRE, texte inédit que l'on devait retrouver à sa mort parmi ses manuscrits et qui fut sans doute, parmi ses œuvres, la moins commentée. Le sujet du livre est, il est vrai, la mise en acte, à travers l'écriture d'un fantasme et par la parole d'un fils, d'un inceste.

LA « MATADORE » André Espaze
Georges Bizet.…… est mort âgé de trente-six ans à l'heure même où se jouait la trente troisième représentation de CARMEN créé trois mois plus tôt jour pour jour, le troisième jour du troisième mois de l'année. Coïncidence étrange qui nous projette au cour de ce qui retiendra notre attention: le sort de certains peut parfois paraître irrémédiablement fixé par une écriture que l'interprétation des cartes, par exemple, peut révéler

L'INTRICATION ENTRE LA THÉORIE ET LES TRANSFERTS: ABRAHAM ET FREUD ET LEUR « CORRESPONDANCE » Jean-Louis Ohayon
L'intrication entre la théorie et leurs transferts est la question que j'aborderai par le biais d'une réflexion concernant certains textes théoriques à situer entre 1907 et 1920. C'est d'une première mouture de la théorie dont il va être question par le biais d'une mise en parallèle de textes de Freud et d'Abraham, des relations entre leurs perceptions théoriques et ce qui apparaît de leur gestation dans le témoignage constitué par leur CORRESPONDANCE. Lettres souvent intéressantes, voire fécondes et permettant de percevoir assez clairement en quoi la relation de travail s'étaye ou se bloque en fonction de jeux transférentiels dans une réciprocité parfois aveugle. Un tel repérage me paraît dans le fil de l'enseignement de Lacan qui peut ouvrir sur un travail autre que celui contemplatif d'un texte clos

MÉLUSINE, OU LES HORS-MOTS-SEXUELLES Philippe Garnier
Si la femme apporte la puissance et la fécondité à l'homme, celui-ci donne à la femme son « humanité », la « force de la semence paternelle », et d'abord la dimension du temps: il la guérit de l'éternité, de l'errance, de la répétition pure, il lui apporte la mort comme ouverture à la vie. Une âme aussi ; et Paracelse d'affirmer: «... même de telles femmes reçoivent une me lorsqu'elles se marient, si bien qu'aux yeux de Dieu, elles sont comme les autres mortelles: c'est pourquoi elles cherchent les faveurs des hommes ».

DE L'AVERSION A LA SIMULATION Christian Oddoux
« On ne peut pas analyser si une écriture ne s'est pas constituée qui permette précisément l'analyse ». Mais « si s'opérait une réduction de tout ce qui est de l'ordre de l'hystérie à l'écriture et à la formalisation.., pas besoin de psychanalyse ».

HYSTÉRIE ET TRAUMA. UN PÈRE PASSE ET MANQUE Nicole Pépin
Qui sont ces gens que je cite dans mes exposés ? Ils ne sont plus. Ils ne sont plus ceux-là. Ils ne sont plus des personnages modelés par la névrose.

QUAND UNE FEMME « VIR(E) » À L'ANALYSTE Françoise Dufort
Ce travail vient à la suite d'un premier travail, portant sur ce que la position d'analyste aurait de contre-nature », pour une femme. J'avais travaillé sur ce thème, à l'occasion d'un colloque de l'Association freudienne sur la féminité, qui s'est tenu à Paris en mars dernier. Si l'on veut maintenir la psychanalyse dans toute sa virulence, il faut oser la maltraiter, la maltraiter autant que le signifiant nous maltraite, le traiter dans tous les sens, lui poser-des questions impertinentes (qui ne sont telles qu'à la mesure de leur pertinence au regard du désir inconscient), bref, il faut savoir que la psychanalyse ou une analyse ne se laisse pas achever ainsi, et que l'avoir finie signifie ne pas en avoir fini avec elle. Ainsi peut se poser la question de la fin de la cure et la question de la passe, et j'aimerais parler aujourd'hui de ce qui est en jeu, pour une femme, dans ce passage

LA NÉVROSE TRAUMATIQUE OU L'ARBRE QUI CACHE LA FORÊT Sylvia Heller
« Une affection que nous ne connaissons pas encore », « un thème obscur », tels sont les qualificatifs employés par Freud lorsqu'il parle de névrose traumatique. Il faut dire qu'à l'époque, ce terme correspond à des conceptions très diverses. Charcot l'englobe dans l'hystérie, Oppenheim en fait un névrose distincte, d'autres le rangent du côté de troubles neurologiques consécutifs au traumatisme. Les propositions thérapeutiques sont bien entendu à l'avenant. Il s'agit dans ce qui va suivre de donner les grandes lignes de départ d'un travail en cours, suscité par les spéculations de Freud, en contrepoint d'une autre lecture proposée par la clinique des déportés de la deuxième Guerre Mondiale.

 

2) 1ére table ronde : au lieu de l'hystérie, l'hallucination

TABLE RONDE : AU LIEU DE L'HYSTÉRIE, L'HALLUCINATION
Afin de vous permettre de situer dans leur contexte, les trois communications que vous allez entendre, j'ai demandé à Jean Paul Laurent et Laurent Mottron de définir chacun très brièvement la nature des travaux de l'autre. Voici le dialogue qui s'en est suivi

HYPOTHÈSE SUR L'HALLUCINATION VISUELLE Pierre Eyguesier

l'idée m'est venue qu'il n'y avait en fait qu'une seule espèce d'hallucination visuelle « pure » : l'hallucination par projection, en tant qu'elle diffère de la réalisation hallucinatoire du désir dans le rêve ou la psychose hallucinatoire, c'est-à-dire de l'hallucination par régression. Et cette hallucination visuelle « pure » serait -je soumets cette idée à la critique - toujours hallucination de la présence/absence du phallus, ou, pour dire la chose autrement, de l'impossible, de l'ininscriptible différence entre les sexes.

DANS QUELLES CONDITIONS POURRAIT-ON DÉCOUPER L'APPAREIL PSYCHIQUE? Jean-Paul Laurent
Les psychoses, tout comme les hallucinations qui leur sont constitutives, sont l'enjeu d'un partage de discours entre régions de savoir et de pouvoir concurrentes nous pourrions ainsi décrire une géopolitique des rapports de force inter et intra-régionaux entre institutions tribales, par exemple, en biologie entre l'engeenering génétique et la neurophysiologie, ou en psychologie entre les cognitivistes et les théoriciens des émotions ou encore en psychanalyse entre différentes chapelles

MODES D'ÊTRE DE L'HALLUCINATION Laurent Mottron
Les trois points abordés seront : - quelle sorte d'ordre peut-on retrouver a posteriori dans les descriptions d'hallucinations, dont l'hétérogénéité est problématique - quelle sorte d'ordre peut-on proposer pour classer le ou les objets hypothétiques qui se cachent derrière ces descriptions; - en quoi la classification proposée permet-elle de séparer les hallucinations hystériques et les hallucinations schizophréniques, sous réserve qu'on accepte temporairement cette distinction.

 

3) 2ème table ronde : d'une femme qui n'est pas hystérique, ève

NÉE OU FAITE ? Patrick Avrane
« Une femme est-elle née ou faite? » (1), Lacan formule ainsi l'interrogation de Jones quant à la féminité. En effet, Jones concluait sa conférence de 1935 à Vienne, Sexualité féminine primitive, ainsi : « En fin de compte, il s'agit de savoir si une femme naît femme, ou si elle le devient » (2), » avant de pointer un reproche qui pourrait être fait par les Viennois aux Londoniens d'une surévaluation de la vie fantasmatique aux dépens de la réalité extérieure, ce que Jones réfute: « Il n'existe pas un danger sérieux que les analystes négligent la réalité extérieure alors qu'il est toujours possible pour eux de sous-estimer la doctrine freudienne de l'importance de la réalité psychique. » (2) Les désaccords au sujet de la féminité ouvrent immédiatement à des divergences de point de vue sur la psychanalyse

« JE VOUS SALUE MARIE » Quelques aperçus d'un film de Jean-Luc Godard, Cécile Hermann
Voici quelques aperçus sur une fiction. Le temps manquant, cela sera centré sur Marie, c'est elle qui nous intéresse, sur Marie et sur Joseph. Dans ce film, il y a d'autres histoires plus ou moins brèves: celle que Juliette aurait aimé avoir avec Joseph, celle d'Ève et d'un jeune professeur. Ces histoires servent de faire valoir à l'histoire de Marie

 

4) Pour suivre...

CONSIDÉRATIONS SUR L'HYSTÉRIE MASCULINE Pierre Sorel
…l'hystérie masculine, loin d'être exceptionnelle, n'en constitue pas moins une espèce de paradoxe. Car si un éloge de l'hystérie féminine peut prendre prétexte d'une insatisfaction qui préserverait le désir, chez l'homme, il s'agirait plutôt, me semble-t-il, de renoncer au désir pour préserver le phallus.

PORTRAIT D'UNE HYSTÉRIQUE AVEC HOMOSEXUELS Monique Guillet
Je vais tenter de tracer le portrait d'une femme hystérique au cours d'un épisode de sa vie, qui a provoqué en moi les interrogations que je me propose de soumettre au débat. Cette hystérique, je l'appellerai Laure

HYSTÉRIE PERVERSION ET MATHÈME Jean Prince
Une remarque, dans l'exposé de Nicolle Kress-Rosen de Novembre 1984, m'était apparue riche d'interrogations possibles : d'avoir pointé que l'utérus n'était pas l'organe sexuel de la femme mais l'appareil gestatif, la présence de la pleine mère en puissance. En termes lacaniens, je risque une transposition : l'utérus de la femme, objet a de la Chose.