La pulsion (Clermont-Ferrand, juin 01)

Dans les suites des précédentes journées, en particulier celle de Clermont-Ferrand consacrée à la phobie, les CCAF ont proposé le samedi 20 janvier 2001, à Paris, une journée de travail sur le thème de la pulsion.


“La théorie des pulsions est la partie la plus significative mais aussi la moins avancée de la théorie psychanalytique” Freud, 1924.
Le français ici favorise plutôt les nuances du sens : le Trieb allemand ne fait rien entendre du glissement qui, de la pulsion, va à ce qui pulse, bat (schlage), indiquant derechef une structure de répétition. Premier temps d’une logique qui s’accorde à l’inscription, au trait, au fragmentaire (pulsion partielle). Le champ du sexuel freudien s’en dessine aussitôt, jusqu’en l’au-delà du principe de plaisir, dans son intrication à l’Autre, trésor des signifiants qui à l’occasion s’y entend pour jouer de mes égarements.
Complétons par le repérage du dedans-dehors opéré dans Die Verneinung, puis radicalisé dans sa reprise par Lacan, en un dehors , effet d’un primitif retranchement (Verwerfung), qui se fait réel : ainsi s’ébranle, dans la nouvelle intrication moebienne entre “le réel et le sexuel”, une machine pulsionnelle. Par là cependant n’est qu’amorcé la question de savoir ce que la considération du réel modifie de la théorie des pulsions.
Comme toujours, la théorie n’a de pertinence qu’informée d’une clinique où elle s’éprouve.
À quelles conditions la telle machine pulsionnelle n’est-elle pas célibataire, à quelle(s) condition(s) le devient-elle?
- Qu’ont à faire les modernes compulsions, addictions, avec la dimension signifiante impliquée dans la structure à l’instant évoquée?
- Enfin, la reprise lacanienne modifie-t-elle quelque chose au statut que Freud reconnaissait à sa théorie des pulsions : “notre mythologie”?

Quelques remarques à propos de ce que l'usage a dénommé « Anorexie Mentale de la jeune fille » Albert Maître
Le public averti qui compose cet auditoire se souvient probablement que Freud avait émis de fortes réserves sur la possibilité d'un traitement psychanalytique de ces jeunes filles, du moins sous la forme de la cure-type. Cet avis ne semble pas avoir dissuadé les analystes de s'engager dans le traitement de ces situations cliniques malgré qu'ils aient admis qu'elles se situent effectivement hors du cadre des névroses de transfert. Ce qui ressort, à la lecture des nombreux travaux publiés, des hypothèses proposées, des améliorations obtenues, c'est que la question de la possibilité d'un traitement psychanalytique se pose encore, si on ne veut pas confondre celui-ci avec une psychothérapie

Le savoir de la pulsion Thierry Perlès
Je placerai ce propos sur la pulsion sous la contrainte de deux conditions. La première, c’est que la pulsion soit abordée dans le respect de sa connotation biologique, ce qui ne veut rien dire d’autre ici que ce qui, de la question de l’espèce, s’exprime dans l’espèce humaine en termes de psychologie collective. Quant à la seconde condition, qui concerne la question du renoncement, elle découle de la première, et elle donnera son orientation à la seconde partie du propos

Approches de la pulsion invocante Michèle Larnaud.
A Besançon, ce cartel de Montpellier a présenté une lecture du film de Yvan Marciano « Le cri de la soie », tirant largement les choses du côté du scopique. Une remarque de notre collègue Annie Sotty soulignait une certaine surdité, c’est le cas de le dire. La remarque était « Quid de la pulsion invocante ? » Revenir au film. Le titre « Le cri de la soie » - la scène inaugurale la soie, entamée au rasoir, la déchirure bien sonorisée –Idem pour l’écharpe du médecin, entamée par les dents, et déchirée-Et dans la monographie clinique, les propos du médecin « quand elle déchire la soie ce n’est pas dans une violence sadique, c’est dans le but de la mieux sentir, de la mieux comprendre » - L’entre sensible et sens.  Quid de la pulsion invocante ?

Etude pour un piano et une voix. Michèle Skierkowski
Notre travail en cartel à Montpellier a donc été, cette année, axé sur la pulsion invocante dont Michèle Larnaud vient de vous donner les différentes occurrences et références chez Lacan. Pour ma part, cela a été l'occasion d'une mise en relation entre le concept "pulsion invocante" et un pianiste pour lequel la voix était une chose singulière : il s'agit de Glenn Gould