Péter les plombs ? (Tours, sept 03)

 

 

C'est un fait, elle circule, cette locution! La reprendre à notre compte pourtant. Au moins parce qu'elle présente l'intérêt de rappeler l'existence d'un circuit, justement, qui, tout d'un coup, est devenu trop court.
Pour faire baisser la tension, mais aussi pour dire la colère, un sujet est contraint de notifier, à mi-chemin entre la pensée et l'acte, la rupture du lien social; ce qui ne serait pas tellement grave si ce choix imposé ne risquait pas d'entraîner l'effondrement pour lui du texte psychique.
Or, juste avant de recourir à cette violence, il éprouve le besoin d'en avertir quelqu'un cependant. Qui faut-il être pour occuper cette place d'ultime témoin ?
Quelqu'un sans doute qui est repéré comme se situant à la frontière, ni trop inséré qu'il est dans l'institution, toujours concernée dans ces cas-là, ni cependant perçu comme étant au dehors, puisqu'il a été mis à la place du voyant qui, au lieu de s'allumer, écoute pour une fois.
Mais peut-être celui-ci pourra-t-il alors se rendre sensible à la nécessité de proposer, et plus seulement en tant que témoin, certains actes à partir desquels il faudra repenser le réseau tout entier.
Serait-ce sur ces confins que la nouvelle clinique, autant que le malaise accru de ce que Freud appelait la culture, chez nous les civilisés, nous convie à prendre date et à jeter l'ancre ?

Tel était l'argument de ces journées qui se sont déroulées à Tours les 6 et 7 septembre 2003 et dont les actes ont paru aux Éditions Érès. (cf. chapitre "publications"
)