textes 1998 (1)

Tropologies traversières 1. Marie-Claire Bœnisch-Lestrade
C'était la saison des grands frimas. Le gel cristallisait les arbres du jardin et le peu de neige qui était tombé ne parvenait pas à fondre. Bien calée au fond d'un vieux fauteuil, je m'apprêtais à relire le courrier de notre association, tout en réfléchissant à la charge que j'avais acceptée : apporter un temps second à ces feuillets volants qui font lien de ce grand tour de l'ile de France et des régions entre presque inconnus. Il me faudrait donc donner corps à ce temps d'après, tenter de recueillir les points d'impact éminemment subjectifs des textes reçus - fugitives, brèves, impensées résonances d'une écriture autre, habituellement négligées -. De ces restes dont notre travail freudien nous a appris à faire cas.

Clinique du Psychanalyste 1. Thierry Perles
Clinique du psychanalyste: comment supporter qu’on laisse là une place vide? non pas de ce vide appelé en nos milieux réel , mais celui où sous couvert de dignité, s’avoue honte ou impuissance. Un évitement qui ne fait pas feinte, où ne se trompent que ceux qui le veulent bien. Donc d’abord chapeau à ceux qui s’y risquent.

Éthique médicale, éthique de la psychanalyse : une incompatibilité Jean-Michel Darchy
Deux éthiques s'affrontent, au mieux compatissent, l'éthique médicale, axée sur le soin et l'éthique de la psychanalyse impliquant «l'effet sujet» et la mise en fonction du «désir de l'analyste». Il n'est pas inutile de repérer la mise en ordre des discours, au sens des quatre dicours, comme lieu et lien d'assujettissement des pratiques de santé au social et de mettre en tension lien social et sujet.


Cartel à Tours avec des membres des CCAFT. Leconte Didier nous a exposé la dernière fois, en réponse au commentaire de Lise selon lequel il fallait, pour établir une identité par représentation graphique concernant un visage, se "méprendre" de toute idée de symétrie, il nous a exposé donc à l'aide du schèma optique que, si j'ai bien compris, du fait de cette dissymétrie "naturelle", tout projet d'identité quant à la perception du corps propre, n'était réalisable que sous une forme inversée, ce qui laissait aussi une partie, une moitié du corps, non spécularisable.

LE CABINET DE LECTURE. Claire Colombier
"Cabinet de lecture" donc. Si d'évidence, le cabinet ainsi désigné renvoie à celui du psychanalyste, l'expression ne manque pas d'évoquer ces lieux de la lecture publique qui se sont développés dans la capitale au début du 19ème siècle. Lieux où s'approvisionner en lecture, où louer des livres ou encore acheter à plusieurs ce qui venait de paraitre. Image donc d'un certain foisonnemcnt de textes et de personnes, d'un lieu des rencontre avec d'autres.

Tropologies Traversières 2: À toi qui me liras. Marie-Claire Bœnisch-Lestrade
Voici qu'aujourd'hui, pour forcer un peu le trait, me revient cette difficile grammaire introduite par Lacan, sur les traces de Damourette et Pichon, dans les derniers chapitres du séminaire «Structures freudiennes des psychoses»

Y a t il une valeur propre à la dispersion des associations de psychanalystes? Thierry Perles
Il s'agira aujourd'hui de la clinique du psychanalyste lorsqu'il s'efforce d'en imposer la marque à la dimension associative. Cet effort va-t-il se noyer dans l'organisationnel, ou va-t-il parvenir à imposer ses exigences contre la logique collective qui prévaut ordinairement? L'actualité de cette question est constante. Aujourd'hui elle est au cour des discussions actuelles autour du projet de Convergence.

Ricochets. Jean Princé
Il me semble pertinent de risquer un commentaire à propos de deux textes présentés dans l'avant dernier courrier, l'un par Jacques Nassif, l'autre par Didier Grimault. L'un et l'autre cherchent d'une façon ou de l'autre comment retrouver la mémoire culturelle qui se trouve inscrite à l'aube repérable de notre civilisation occidentale et, si l'on prend en compte le cheminement chronologique de l'événement ECRITURE, on peut dire tout simplement: de l'épopée humaine du LANGAGE, où nous sommes aujourd'hui encore engagés.

Quand la lettre brise lalangue. Guilermina DIAZ (Traduction de J. Nassif)
Lors d'une fête enfantine, ma fille attendait le cadeau que ce jour laisse espérer. L'occurrence voulut qu'on y ajoutât cette fois une feuille de papier avec des dessins réalisés par les adultes présents à la réunion. Quand elle se trouva, suivant son expression, "avec la lettre" (carta) en mains, elle émit à ma surprise l'explication suivante. Elle dit, confrontée au dessin d'une fleur: "celle-là, c'est le grand- père qui l'a faite: moi, je le sais, parce que je le reconnais à sa lettre