textes 2010

 

 

 

 

 

L(a Bouche d)’Ombre et le Nom.

Luc Diaz

Lire « Michèle Montrelay » dans La portée de l’ombre est (d’abord) un enchantement. Y rencontrer sa pensée, avec mes difficultés, avec les siennes. Tel un Monsieur Jourdain avec sa prose, j’y (ap)prends théoriquement, ce qui traverse notre pratique : notre silence d’analyste – cette écoute également flottante –, permet non seulement le Nom, mais aussi l’Ombre, ces « dons faits à l’enfant par les géniteurs, l’un et l’autre le protègent en séparant », le premier en distinguant l’enfant de ses parents, le second en le protégeant de l’ancestral, ce « temps hors temps, une vie à la fois antérieure et postérieure à notre vie », « abyssal ». L’Ombre et le Nom, le titre du premier livre de Michèle Montrelay (éditions de Minuit, 1977), sont encore, encorps, d’actualité.

Non-fini, et non l’Infini… Luc Diaz

Lire le dernier livre d’Alain Didier-Weill, Un mystère plus lointain que l’inconscient, est un de ses plaisirs à sans cesser conquérir. Les à-coups successifs revoilent de leur dévoilement même, ce « mouvement qui donne forme au monde, […] un mouvement par lequel ce qui a commencé ne cesse de commencer. » (Ibid., p. 23) La vie, c’est le torrent et le rocher, peignaient Léonard ou Shitao, littéralement la “vague de pierre”, tous les deux sont sans cesse dans le mouvement de l’unique trait de pinceau du jadis jadissant. Il faut, tout d’abord, remercier Alain Didier-Weill, lui dire merci d’insister sur ce qui ne cesse d’insister. Merci de le laisser insister en lui, de le laisser passer, par lui … Merci de nous faire (re)passer die Bejahung, und die Ausstossung.