Publications

 

 

 

 

Une bibliothèque, c'est d'abord des livres où l'on  se livre, et se délivre,  que ce soit l'auteur ou le lecteur … Quand je lis, celle ou celui que je suis en train de lire est bien plus proche de moi-même que moi-même…

 

 

quelques "conseils" de lecture…

 

PSYCHANALYSE ET ÉCRITURE, Rencontre avec Pascal Quignard, Sous la direction de Joseph ROUZEL (Études Psychanalytiques, L'Harmattan, 2015)

Une magnifique journée de rencontre avec Pascal Quignard a permis à des cliniciens de (re)poser cette énigme : l'inconscient ça s'écrit comment ? Réunis autour de Pascal Quignard et Joseph Rouzel on trouvera ici des textes de Françoise Wilder, Sylvie Bassot-Svetoslavsky, Thierry Azema, Isabelle Pignolet de Fresnes, Serge Bedère, Nicole Malinconi, Jacques Cabassut, Luc Diaz, Claude Allione.

 

Françoise Wilder : Margarethe Hilferding, une femme chez les premiers psychanalystes (Ed. EPEL, 2015)

Le nom de cette passante, celui de Margarethe Hilferding, Françoise Wilder nous dit l'avoir rencontré il y a 9 ans, dans une note de bas de page d'un article. Un nom certes, mais accompagné de propos inouïs, qui nous dit-elle, l'ont choquée. F. Wilder s'est alors attachée à retrouver la personne qui portait ce nom. C'est lors d'un colloque des CCAF intitulé « Les dessous du divan », en 2008, que F. Wilder nous a présenté Madame Hilferding, première étape de cette recherche qui trouve aujourd'hui son aboutissement dans ce livre.

Michèle Skierkowski, nov. 2015

Radmila ZYGOURIS : L'ordinaire, symptôme (Ed. d'octobre, 2012)

de la psychanalyse à l'ouvrage

C'est un objet peu ordinaire que cet « Ordinaire, Symptôme » mis en écriture par Radmila Zygouris et Pierre Babin, un lumineux OVNI dans le ciel encombré de la littérature psychanalytique contemporaine.

Radmila Zygouris y publie, cette fois avec sa signature, des textes écrits voici quarante ans dans la revue qu'elle avait créée avec Francis Hofstein, à la marge de l'Ecole Freudienne de Paris dont ils étaient membres.

L'Ordinaire du psychanalyste, venant en contrepoint de la revue Scilicet, ouvrit de 1973 à 1978 un espace pour une écriture plus libre, moins soumise aux contraintes et aux convenances institutionnelles. Chacun, aux prises avec les découvertes et les interrogations nées de sa rencontre avec la psychanalyse, pouvait y livrer les textes vifs de ses réflexions et de sa pratique du moment, sans pour autant y apposer sa signature.

On s'étonne, en lisant ces écrits datés, de leur force et de l'actualité des questions qu'ils font surgir, et elles sont nombreuses…

Delphine de Roux, déc 2013.

 

Giovanni SIAS : AUX SOURCES DE L'ÂME, le retour de l'ancienne sagesse dans la psychanalyse.

éditions des crépuscules, Paris, 2013, pour la traduction française de Laura Cecotti-Stievenard

À partir de Platon, l'Occident a recherché et opéré par tous les moyens le refoulement de la sagesse. En ce sens, nous pouvons affirmer que la psychanalyse constitue le retour dde la sagesse à l'ère de la science: le retour du refoulé de l'Occident. Et c'est en rapport à ce refoulé que nous devons inscrire tous les procès de “résistance à la psychanalyse”. GIOVANNI SIAS (4ème de couverture)

 

 

Le livre des poupées qui parlent, Jacques Nassif, E.M.E, Bruxelles, 2012

De la grâce des marionnettes qui dansent… …à l'enfer des poupées qui parlent. (libre lecture du dernier livre de Jacques Nassif) Je nous invite à franchir le Rubicon par la grâce du dernier opus de Jacques Nassif, Le livre des poupées qui parlent (E.M.E., Bruxelles, 2012), où dès le prologue « les dés sont jetés », et ensemble à nous « lancer à l'aventure », où « il va s'agir », rien de moins, « de parler, à travers le livre qui s'écrit, sur ces livres qui se liront, de ce qui se passe quand deux sujets lancent la partie d'une analyse. Or ce drôle de jeu […] doit ainsi se dérouler sans référence au moindre morceau d'écriture, cette règle s'appliquant pour l'un comme pour l'autre ! » Cette aventure, il va donc nous falloir la vivre avec ce paradoxe que Jacques Nassif souligne en sa conclusion, et auquel la psychanalyse « confronte ses pratiques, [et qui] se rencontre à tous les points cruciaux de son discours. Il importe en effet de la tenir et de soutenir que ce discours sera transmissible, tout en sachant fort bien cependant que le savoir qu'il permet d'atteindre restera intransmissible. » Luc Diaz   

 

Éric Didier : Moi, je laisse faire, je regarde les étincelles

Editions Petite Capital 2011

Tutoiement de rigueur et amour des commencements. Ces Cinq Conférence sur la psychanalyse d'enfants, prononcées par Éric Didier en l'an 2010 à l'université du Sichuan à Chengdu, en Chine, réjouiront ceux qui aiment la psychanalyse quand elle réinvente la dynamite du transfert. Face à un auditoire neuf, une gerbe d'étincelles, une fontaine de jouvence. (4ème de couverture)

 

Un sujet sans moi. Psychanalyse et expérience mystique, Sean Wilder

éditions essais EPEL Paris 2008

Pour en avoir fait lui-même l'expérience et s'être par ailleurs engagé dans une pratique analytique, Sean Wilder interroge ici ce que la psychanalyse a pu dire de l'extase mystique. Freud, Lacan et Winnicott lui offrent des réponses diverses. Si chacun utilise le concept de moi, c'est en des sens très différents : Freud émet une condamnation qui assimile sentiment océanique et expérience religieuse ; Lacan prête une oreille plus attentive aux élaborations mystiques et à leur mode de subjectivation ; Winnicott forge le concept surprenant d'orgasme du moi pour désigner des états de non-intégration proches de ce que Henri Michaux – lui aussi convoqué – nomme le domaine du calme. Prenant un appui critique sur ces travaux, mais aussi sur sa pratique du zen, l'auteur revisite l'expérience mystique. Loin de ne concerner qu'elle, sa contribution questionne la consistance du savoir avec lequel l'analyste rend compte de sa pratique.

 

 

Un mystère plus lointain que l'inconscient, Alain Didier-Weill, Flammarion, Aubier Psychanalyse, 2010

Non-fini, et non l'Infini… Luc Diaz

Lire le dernier livre d'Alain Didier-Weill, Un mystère plus lointain que l'inconscient, est un de ses plaisirs à sans cesser conquérir. Les à-coups successifs revoilent de leur dévoilement même, ce « mouvement qui donne forme au monde, […] un mouvement par lequel ce qui a commencé ne cesse de commencer. » (Ibid., p. 23) La vie, c'est le torrent et le rocher, peignaient Léonard ou Shitao, littéralement la “vague de pierre”, tous les deux sont sans cesse dans le mouvement de l'unique trait de pinceau du jadis jadissant. Il faut, tout d'abord, remercier Alain Didier-Weill, lui dire merci d'insister sur ce qui ne cesse d'insister. Merci de le laisser insister en lui, de le laisser passer, par lui … Merci de nous faire (re)passer die Bejahung, und die Ausstossung.

 

 

Une passe sans école mais pas sans adresse, Séminaire I-AEP organisé par les CCAF (déc 2007), éditions des crépuscules, Paris, 2010

"Le passeur est la passe".

La célébrité que la répétition inépuisable a donnée à ce propos de Jacques Lacan n'entame pas le caractère d'énigme qui lui demeure attaché. La passe elle-même est une énigme dont nous pouvons peut-être commencer à cerner les contours mais aussi le point qui en est le générateur. En chacun des temps de ce dispositif, nous pouvons remarquer que se met en acte une parole de passeur, si l'on veut bien ne pas réduire cette fonction à la place élective qui est conférée à celui-ci par toute proposition d'un protocole de passe.

Mais que faire d'une énigme dont le centre, une fois ainsi repéré, irradie cette fonction de produire du discours indirect, jusqu'à provoquer l'étrangeté, opérant une attraction irrésistible sur chacune des places occupées dans le dispositif, notamment les cinq que distribue celui des Cartels Constituants de l'Analyse Freudienne (passant, passeur, jury, rapporteur et coordonnant qui assure le retour du passant) ?

Que faire donc de cette énigme ? La mettre en œuvre, la proposer au déroulement dans une dynamique de la variation des points de perspective, se prêter au parcours de cette fonction plutôt que de vouloir en assiéger le cœur, c'est l'audacieuse proposition que ce séminaire fait à chacun des participants et dont il faut maintenant exposer la temporalité.

cf. la chapitre sur "la passe"

 

Avec Michèle Montrelay : La portée de l'Ombre

éditions des crépuscules, Paris, 2009

L(a Bouche d)'Ombre et le Nom. Luc Diaz Lire « Michèle Montrelay » dans La portée de l'ombre est (d'abord) un enchantement. Y rencontrer sa pensée, avec mes difficultés, avec les siennes. Tel un Monsieur Jourdain avec sa prose, j'y (ap)prends théoriquement, ce qui traverse notre pratique : notre silence d'analyste – cette écoute également flottante –, permet non seulement le Nom, mais aussi l'Ombre, ces « dons faits à l'enfant par les géniteurs, l'un et l'autre le protègent en séparant », le premier en distinguant l'enfant de ses parents, le second en le protégeant de l'ancestral, ce « temps hors temps, une vie à la fois antérieure et postérieure à notre vie », « abyssal ». L'Ombre et le Nom, le titre du premier livre de Michèle Montrelay (éditions de Minuit, 1977), sont encore, encorps, d'actualité.

 

N'ayons pas peur des enfants , Claire Colombier

Éditeur : Matrice, 2006

Les aléas de la publication de ce travail ont pour conséquence sa parution dans un contexte agité depuis plusieurs mois déjà par les réactions à un rapport de l'Inserm sur le dépistage précoce des troubles du comportement. Plus de 180 000 personnes (professionnels de la petite enfance, mais aussi parents et grands-parents) ont réagi à la publication de ce rapport, commandé par la Caisse d'assurance-maladie des professions indépendantes, en signant la pétition intitulée « Pas de zéro de conduite pour les enfants de moins de trois ans.» (ni pour les plus âgés,ajouterions-nous volontiers).
Certes, parmi les signataires, certains ont dû obéir à un réflexe de protection de l'image de l'enfant. Comment ! "Accuser" des "innocents" ? "Dépister" des problèmes à un âge qui se doit d'être "heureux" ? Les défenseurs du rapport n'ont pas manqué de stigmatiser cette attitude, que nous avons nous-mêmes rencontrée lorsque nous présentions notre travail en crèche. Mais les plus nombreux des signataires (sinon tous) sont des professionnels de la petite enfance et des parents ou grands-parents qui ont voulu, par cette action, défendre une autre approche de l'enfance. Nous avons fait partie de ceux-là, bien avant le rapport et la pétition,ce travail en est le témoignage.
Il s'agit de refuser d'inscrire dans le champ de la psychopathologie certains comportements des jeunes enfants, sous prétexte qu'ils seraient "à risques", et prédicteurs de troubles ultérieurs. Pour nous, le seul risque est que les parents parlent, à leur façon, et ne trouvent pas d'espace d'échange pour dire leurs difficultés de parents. Pour nous, le seul risque, le principal risque est que les enfants parlent (et ils le font encore quand les parents ont renoncé à le faire) et ne trouvent personne pour tenter de les entendre. Il n'y a pas, quand on a affaire à des enfants "tout-venant" de gestes agressifs, destructeurs, il n'y a pas de repli sur soi, bref, il n'y a aucune conduite qui soit prédictive d'un trouble installé définitivement. Il y a seulement des manifestations non-verbales et verbales qui vont évoluer diversement selon la manière dont elles sont reçues. Et quand il s'agit d'enfants dont on va déceler qu'ils sont porteurs de handicaps, là encore, l'accueil qui leur est fait,la manière dont les échanges s'instaure avec eux et leur famille, est déterminante dans leur devenir.
L'offre d'écoute faite aux jeunes enfants, comme aux adultes qui en ont la charge, est pour nous le seul chemin possible de ce que l'on appelle "prévention", dans les lieux de la petite enfance, mais qui pourrait se nommer "éducation", pour en souligner la dimension tout simplement humaine. C'est ce que montre ce livre, écrit au plus près de la rencontre avec des enfants de moins de 6 ans et les adultes qui en avaient la charge. Septembre 2006.

 

 

Un troisième temps pour la psychanalyse, Jacques NASSIF

Éditions Liber, collection Voix psychanalytiques. Montréal 2006

Aperçu : «Lacan, je n'insiste pas — d'autres que moi commencent à oser en parler —, était un individu aussi attachant que déplaisant. Inutile donc de souligner son côté déplaisant. En revanche, ce qui m'importe, c'est d'essayer de retracer ce que fut sa geste. La “geste” vient du latin rebus gestis, c'est ce qu'on dit quand on est César et qu'on a fini quelque chose. Pour moi, voilà, il est indispensable d'être en mesure de pouvoir déclarer que quelque chose a pris fin. Lacan a fait certaines choses, il les a faites et bien faites et on ne les refera pas. Il faut essayer de lui rendre vraiment justice, de voir ce qu'il a fait pour savoir ce qu'on lui doit, et puis savoir si on peut passer à autre chose, se donner le droit de passer à ce que j'appelle un troisième temps pour la psychanalyse. Bien sûr, c'est prétentieux de vouloir accoucher d'un avenir, comme ça, à partir d'un constat. Mais l'avenir, ça me concerne plus que le passé. Et pour le préparer, il faut en tout cas savoir ce qui s'est vraiment passé et pouvoir le décrire, savoir par conséquent dans quelle mesure ça continue ou pas, ou qu'est-ce qui cesse.» J. N.

 

 

Hors la voix, Serge HAJLBLUM

Éditions Liber, collection Voix psychanalytiques. Montréal 2006

Le thème directeur de cet ouvrage est la voix, ses bruits et ses bris, ses « bruisures », dont on suit la constitution en objet propre de la psychanalyse depuis les premières observations de Grandjean de Fouchy au dix-huitième siècle jusqu'aux cas cliniques de l'auteur, en passant par ce que Broca appelait « aphémie » ; « J'appelle bruisures les difficultés aphasiques par lesquelles il est possible d'aborder la question de l'objet voix dans le champ de la psychanalyse. Les bruisures sont liées à des difficultés relevant de l'organicité du vocal : les trébuchements, les bégaiements, les aphonies, enfin toutes les sortes d'aphasies, ces choses qui ne sont pas directement élaborables dans le registre de la signifiance avec ses mots d'esprit, lapsus et autres, et sur lesquelles Freud s'est appuyé à l'orée de la formulation de la psychanalyse. C'est en effet dans l'abord des aphasies qu'il a été conduit à poser que les problèmes de la voix, du langage et de la parole, ne se superposent pas vraiment aux découvertes et hypothèses de la neurologie. En somme, il n'y a pas de correspondance bi-univoque entre le langage et l'organisation cérébrale. C'est donc par la question posée par l'aphasie que Freud met au jour la dimension spécifique de la parole et de la voix. Pourtant si la parole va être élaborée comme lieu même de la psychanalyse, la question de la voix ne va jamais vraiment être ni thématisée ni conceptualisée, aussi bien par Freud que par Lacan, bien qu'elle sourde en permanence dans leurs élaborations »

 

 

Péter les plombs ? Colloque CCAF septembre 2003 à Tours

éditions éres, analyse laïque, 2005

Des praticiens de la psychanalyse et de la psychiatrie institutionnelle, soucieux d'interroger la modernité au ras du langage qu'elle sécrète plutôt que selon les termes consacrés de la nosographie psychiatrique, se sont attelés à une réflexion croisée autour de la formule «péter les plombs». Utilisée de nos jours avec une fréquence étonnante, elle s'entend comme un cri du cœur où la subjectivité se dévoile comme en proie aux machines, qu'elles soient humaines ou techniques, la différence entre les deux s'estompant au fur et à mesure que progresse un monde d'automates parlant la novlangue d'une même voix de synthèse... De fait, à l'heure où se propagent le contrôle des individus et l'économie sociale de marché, se multiplient des actes éruptifs visant à signaler un désastre ou exprimant l'ultime effort pour le dénoncer. Ce va-tout du sujet est exploré dans ce livre suivant de multiples entrées, dont le trait commun est assurément un désir partagé par des psychanalystes de répondre au défi lancé.

Contributions écrites et orales de Pierre Babin, Claire Colombier, Guy Ciblac, Jean-Michel Darchy, Eric Didier, Pierre Eyguesier, Michel Guibal, Serge Hajlblum, Anne-Marie Haas, Claude Jeangirard, Dominique Lallier-Moreau, Michèle Larnaud, Dominique Le Vaguerèse, Albert Maitre, Jean-Jacques Martin, Catherine Mikoulos, Jacques Nassif, Bertrand Phésans, Jean Princé, Elisabeth Rainho-Couriaut, Sylvain Rappaport, Christine Roosen, Delphine de Roux, Annie Sotty, Jacques Teste, Serge Vallon, Sean Wilder.

 

 

Paroles d'enfants à un psychanalyste, Éric Didier

“Petite capitale”, 32, rue d'Orsel, 75018 Paris, 2005

« J'ai pensé que certaines paroles d'enfants, prononcées il y a des années dans le cadre d'une analyse menée en cabinet particulier on en dispensaire public de pédopsychiatrie dans la plus démunie des banlieues, méritaient qu'on prenne soin d'elles, un peu comme si elles venaient d'être confiées à la première passante ou au premier passant venu, toujours un peu orphelin de sa propre enfance tombée aux oubliettes. Vous ne devriez pas rester insensible à la violence des tempêtes soufflant dans les têtes, à la profondeur des désarrois de ces enfants. L'ingéniosité de leurs trouvailles, le souffle de leur humour pourraient un instant vous emporter ailleurs. ... Leur contribution à la psychanalyse est venue se déposer au fil de ces lignes. Pour vous Je m'en suis trouvé passeur et traducteur. » (Eric Didier.)

 

 

Actualité de «L'interprétation du rêve», Colloque IAEP 21 & 22 octobre 2000 à Paris

Le retour à Freud opéré par Lacan, sous l'égide de la fonction de la parole et du champ du langage, l'a amené à rendre homologues condensation et déplacement avec métaphore et métonymie. La formule de l'inconscient « structuré comme un langage » apporta une nouvelle actualité à ces opérations, et plus particulièrement à la considération que le travail onirique était dès lors à repenser comme combinaison et substitution signifiantes (Luis Maria Esmerado).
Publiée pour la première fois en français en 1926, L'interprétation des rêves est traduite aujourd'hui dans plus de quarante langues. Bien que l'ouvrage soit un essai scientifique, il se lit comme un récit littéraire, où l'on découvre, au fil des pages, la vie quotidienne des familles juives viennoises de la fin du XIXe siècle. Freud y raconte ses propres rêves et ses souvenirs d'enfance en mélangeant avec talent le style du journal intime et celui des mémorialistes (Elisabeth Roudinesco).
La Traumdeutung n'a sans doute jamais été plus actuelle qu'aujourd'hui. Elle est d'autant plus actuelle qu'elle demeure, en son fond, singulièrement inactuelle. Je veux dire : intempestive, insupportable, inassimilable aux savoirs de notre temps et, peut-être, au savoir de tout analyste qui pourtant ne peut se soustraire aux nécessités du travail de Traumdeuter (Jean Florence).
... Nous avons voulu associer des artistes au travail de ces journées. Il faut dire que notre thème s'y prêtait fort bien : le rêve, cette épaisseur imaginaire, de fantaisie, de fantasme, qui convoque tout aussi bien l'analyste praticien que le théoricien, tout aussi bien l'artiste que le scientifique. Car sans fantasme pas de création, qu'elle soit picturale, musicale, poétique - jusqu'à la création la plus spéculative ou la plus abstraitement mathématique (Lina Balestrière).

 

 

Un provocant abandon, Françoise Wilder

Paris, Desclée de Brower, 2004,

Raconter les faits sexuels, y ranger les fantasmes, décrire les sensations, personne ne l'avait fait aussi précisément que Catherine Millet. Que cette parole eût été tenue par une femme n'a pas peu contribué au succès de La vie sexuelle de Catherine M. Mais ce phénomène, échappant à la pathologie délirante ou revendicative, n'a pas semblé intéresser les psychanalystes. Est-ce en contrepartie de la désillusion qu'il entraîne, du crime qui toujours y affleure ou de la souffrance qu'il traduit, que le sexuel est souvent traité par eux de façon si conventionnelle? Il y aurait pourtant là matière à relever le ton audacieux de Freud et de Lacan dans leur élaboration des différences dans la sexualité, bien plus construites que données. C'est ce fil que suit Françoise Wilder, dans un livre écrit à partir d'entretiens menés avec Catherine Millet de juin à novembre 2001. Une »» performance'» est ici questionnée. Dans une époque où la promesse de jouissance est à ce point dominante, est-il possible de poser à la vie sexuelle la question de son désintéressement, la même qui fut jadis portée à incandescence à propos du salut? Comment se fait-il que le langage de l'abandon, de la disponibilité et de l'effacement des volontés se retrouve le même, de siècle en siècle, alors que les lieux d'adresse en sont distincts? Étrange symétrie. Comme si, de la religion du salut à la religion du sexe, les hérésies se répondaient...

 

Couv. : Rembrandt dit « Aux yeux hagards», 1630

 

L'écrit, la voix, Jacques Nassif

Fonctions et champ de la voix en psychanalyse

Editions Aubier, 2002

La psychanalyse, a-t-on coutume de dire, serait née de l'abandon de l'hypnose, donc du renoncement au pouvoir de la voix. Pour Freud, lui succède le texte du rêve qui, déchiffré dans la cure, fait de l'inconscient une chose qui s'écrit. Lacan dénude la voix comme cause du désir, le dire comme seul avènement de la vérité ; mais, à son tour, il refoule sa propre découverte en rêvant d'un langage sans parole : l'écrit. Pourtant, comme l'atteste le retour à la voix qui s'annonce dans ce livre, c'est bien elle seule qui, dans la cure, ouvre l'accès à l'inconscient. C'est elle seule qui se fait entendre dans toute lecture, que ce soit celle du rêve, de la séance ou de ces œuvres littéraires qui, loin d'effacer le pouvoir de la voix, comme l'ont toujours fait les récits de cas cliniques (impossible d'entendre voix de l'Homme aux rats ou de l'Homme aux loups), restituent l'effet de la voix même, comme révélation du monde et de la vie. L'enjeu est de taille, on le voit, puisqu'il s'agit de rien moins que du fondement de la psychanalyse elle-même et de la possibilté de sa transmission.