L’analyse avec les enfants. L’enfant… le psychanalyste, l’enfance comme traumatisme (décembre 2010, Paris)

Organisé par Psychanalyse Actuelle, le samedi 4 décembre 2010, de 9h30 à 18h30 à l'Hôtel de l’Industrie, 4, place Saint Germain des Près 75006 Paris, et le dimanche 5 décembre de 9h45 à 13h15 au Cinéma La Pagode, 57 bis, rue de Babylone 75007 Paris.

Argument :

Nous vous proposons un Séminaire qui nous permettra de débattre avec les autres associations de L’Inter -Associatif Européen de Psychanalysesur «l’analyse avec les enfants aujourd’hui». Nous faisons appel à la participation active des autres associations Nous vous proposerons quatre ateliers et une séance de projection du film de François Truffaut, « les Quatre Cent Coups » suivie d’un débat.

Freud écrit « la crainte de la castration est le plus fort traumatisme subi dans l’enfance ». Conséquence de la pré maturation de l’enfant « les symptômes ne peuvent être compris que s’ils sont ramenés à l’action traumatique d’expériences vécues en rapport avec la vie sexuelle » (Naissance de la Psychanalyse). Et plus tard Ferenczi isolera chez l’enfant l’énorme malentendu, qui est pour lui le langage de la tendresse de l’enfant, opposé au langage et aux actes d’une sexualité adulte. Être prématuré, privé de tout, » hilflosigkeit », bousculé à chaque semblant d’équilibre, lors des différents stades qui furent appelés oral, anal, génital, dans l’expérience répétée de la castration et du manque, l’enfant constitue son lien à l’autre. Freud écrit dans « Inhibition, Symptôme, Angoisse », que l’enfant, crée un premier « objet maternel psychique ». Lacan retrouve dans la Lettre 52 de Freud, la construction de l’inconscient dans ce temps de l’infantile, et fait de l’entrée. dans le langage le traumatisme premier

Ce passé insu ne se révèle que dans l’actuel d’une cure. La psychanalyse substitue alors, à la chronologie, une temporalité autre qui relève d’une construction topologique pour Lacan... Il ne s’agit pas du souvenir de quelque chose de vécu, mais de traces sans figurations mnésiques, dont le destin est celui de la compulsion de répétition, jusqu’au moment où surviennent dans la cure, dans l’espace de la séance et dans le champ du transfert, une énonciation et éventuellement une interprétation.

La psychanalyse avec les enfants, est apparue en même temps que la psychanalyse (Le petit Hans 1909). L‘enfance comme traumatisme, l’enfant analysant (et l’analyste enfant), « l’enfant…le psychanalyste », sont des questions actuelles dans l’analyse avec les enfants. Psychothérapie ou psychanalyse, la question a été longtemps posée, car la pratique des premières analystes d’enfants, Anna Freud et Mélanie, Klein étaient différentes. La place donnée à la parole et au sujet ont changé cette pratique. Le signifiant de la demande repérée chez l’enfant et reçu par le psychanalyste ouvre la possibilité pour l’enfant de commencer une analyse. On peut dire maintenant que la pérennité de la psychanalyse est assurée par l’analyse avec les enfants, car l’enfant qui rencontre un psychanalyste est d’emblée un analysant à part… entière, un parlêtre .On a pu parler de psychanalyse pure… Moins arrêté par les résistances que les adultes, l’enfant réinvente dans cette rencontre imprévue, l’adresse d’une parole et le processus analytique, et l’analyste va se laisser surprendre.

Notre séminaire « l’enfant…le psychanalyste », existe à Psychanalyse Actuelle depuis plus d’une décennie et nous avons travaillé de nombreuses questions de l’analyse d’enfant après l’enseignement de Lacan

Penser l’enfance comme traumatisme ancre le travail avec l’enfant dans la psychanalyse et l’éloigne de la psychothérapie. Réfléchir à la spécificité de la cure, et de la clinique, et « l’invention de la clinique » à la présence et la place du transfert aussi bien avec l’enfant qu’avec les parents, à la surprise du psychanalyste face à l’enfant, à la question de la demande , et particulièrement le repérage de la demande de l’enfant par le psychanalyste qui reçoit la famille, car c’est elle qui permet à l’enfant de faire une analyse, enfin les entretiens avec les parents ou les adultes tutélaires qui deviendront des « alliés thérapeutiques » : ce sont toutes ces questions qui travaillent et animent la psychanalyse avec les enfants, aussi bien en consultations privées qu’en institutions.

A la question ancienne de l’enfant freudien du début du XX° siècle « d’où viennent les enfants ? » vient s’ajouter une autre question aujourd’hui « d’où viennent les parents ? »(J.J.Moscovitz).Car l’enfant est sujet de son histoire familiale et sociale et inscrit dans l’Histoire et porteur, par sa relation inconsciente avec ses parents, du « malaise dans la civilisation » qui s’énonce aujourd’hui pour Michel Guibal comme« détresse dans la civilisation ».

Si le désir inconscient du meurtre et de l’inceste, est toujours là pour chacun, ils ont eu lieu dans la civilisation occidentale, et l’enfant comme chacun, ne sera pas épargné dans ses symptômes, par ce ravage.

Deux demi-journées composées de deux ateliers le samedi matin et de deux ateliers le samedi après-midi. Trois interventions d’une demi heure de membres de Psychanalyse Actuelle puis interventions préparées ou non de membres des associations de l’I-AEP et discussions modérées par les passeurs. Le dimanche matin : projection suivie d'un débat du film de François Truffaut « Les 400 coups »

Samedi matin : 9h30-13h

Deux ateliers :

1) Le transfert l’illusion de l’autre : Nicole Jaquot - La surprise du psychanalyste face à l’enfant : Fernand Niderman

L’enfant …le psychanalyste, le transfert, du côté du psychanalyste, la psychanalyse avec un enfant, n’est pas une psychothérapie, une expérience limite peut-être, trop loin de la psychanalyse avec un adulte, trop proche de la pédagogie, impossible en quelque sorte, et néanmoins extraordinaire quand surgit ce qui échappe à tout discours, à savoir le transfert

Passeurs de parole : Eric Didier, Catherine Guillaume

2) L’invention de la clinique : Aline Mizrahi, Jean-Marc Benkimoun

La parole, le jeu, le dessin, la façon qu'a l'enfant d'inscrire le corps, le sien, et celui de l'analyste, sont l'effet de son rapport au signifiant. Les jeux d'aller-retour de l'enfant entre imagination et réalité semblent expérimenter le nouage entre les registres symbolique, imaginaire et réel, tels que Lacan les définit dans les premières années de son séminaire.

Et c'est dans le nouage même de ces registres que peut surgir le signifiant de la demande d'un enfant.

Avec un enfant, le dispositif freudien fonctionne : travail de parole, remémoration, perlaboration. Mais l'enfant, en cours de constitution d'un appareil psychique, et alors que le refoulement n'est pas totalement terminé, avance aussi parfois d'autres enjeux. La mise en récit, voire avec la constitution d'un objet écrit peut faire construction et ouvrir du temps chronologique. Une mise en perspective.

A l'analyste de se débrouiller avec ce que l'enfant amène, en tenant bon sur l'angoisse, dans le temps, le moment de sa présence, et dans l'invention de sa technique, et parfois de sa théorie. Car c'est le dispositif de la psychanalyse qui se réinvente. Pour chacun.

Passeurs de parole : Anne-Marie Houdebine, Nabile Farès

Samedi après-midi : 14h30-18h

Deux ateliers :

3) Les signifiants trans générationnels. Histoire, trauma, rupture des signifiants : Jean-Jacques Moscovitz, Joëlle Cohen, Jeanne Claire Adida, Nabile Farès.

Entre trauma individuel et traumatisme collectif, quel signifiant représente le sujet, si, par la rupture de l’histoire se rompt la signifiance en jouissances innommables, qui submergent l’analysant au point de le faire taire, et de le silencier dans des blocs de mots inaudibles pour l’analyste, ne prenant pas en compte sa limite où le place notre actuel.

Passeurs de parole : Barbara Didier, Michel Guibal, Michèle Hodara

4) La psychanalyse avec les enfants dans les institutions et dans la cité. Quelle est la place de la psychanalyse dans les espaces d’accueil des enfants ? : Maria Landau, Danielle Girard, Muriel Aptekier

L’enfant est au centre du champ politique et social et dans les réseaux que sont l’école, la santé, la culture. Depuis la Libération et la création à la même époque de la Sécurité sociale, il est reçu avec ses parents, dans les CMPP,CMP et toutes sortes de consultations où les psychanalystes sont venu travailler avec les enfants, alors qu’au même moment très peu d’analystes travaillent dans des services et consultations d’adultes

Soixante ans plus tard qu’en est-il de cette présence de la psychanalyse dans les institutions d’enfants ? Comment travaillent les psychanalystes ?

Passeurs de parole : Eugène Perla, Annick Salamon, Marie Noëlle Godet

Dimanche matin : 9h45 - 13h15

Projection suivie d'un débat :

«Le Regard Qui Bat » séminaire de Psychanalyse Actuelle, proposera aux participants de voir un film, de François Truffaut « Les quatre cent coups », qui arrive, au sujet de l’enfant, dans le cinéma français en 1959, en avance sur toutes les autres productions culturelles ou intellectuelles comme c’est souvent le cas avec le cinéma. Car il fait apparaître un nouveau sujet parlant, l’enfant (ici particulièrement silencieux), que Truffaut propose de voir et d’écouter. Il y aura un débat après la projection.

Passeur de parole : Françoise Moscovitz et les membres du « Regard Qui Bat »