Statuts

Le mercredi 17 juillet 2013 à 17h19

Nos statuts évoluent. Ils ne sont pas statues, objets d’idolâtrie. Ils sont incontournables pour une association d’analyse freudienne comme la nôtre, qui a mis, au centre de sa vie associative, la démocratie. Pas de démocratie sans textes, au risque au mieux d’un populisme, au pire d’une tyrannie. On peut les changer démocratiquement, mais jamais au milieu du gué, suivant le bon – et le plus souvent, le mauvais – vouloir de quiconque.

Le mot français a été emprunté au bas latin statutum, substantif du participe passé de statuere : statuer. Il apparaît dans notre langue vers 1250 pour désigner le règlement d’une communauté religieuse. Si l’analyse freudienne interpelle sans jamais cesser le sacré, elle est tout autant interpellée par le religieux, d’autant plus lorsqu’elle tente de se con- stituer associativement.

Le mot est d’autant plus sensible aux C.C.A.F. qu’il apparaît dans notre nom même de constituants, littéralement : plaçants debout, et par extension, conférant un droit. Les fondateurs de notre association ont tenu et pour cause au participe présent ; le participe passé ramène très vite vers la statue… Le retour d’un certain refoulé leur a fait ajouter un “s”, marqueur du pluriel, au participe présent le transformant en épithète, et lui faisant perdre une certaine vitalité. Gardons donc ce “s”, vouloir l’effacer nous ferait sans doute courir un risque plus grand, en le faisant resurgir ailleurs bien plus violemment… Dans les économies pulsionnelles, c’est la désintrication des pulsions de vie et de mort, qui est la mort : la vie, c’est leur intrication même…